Le Ventre de Paris, Emile Zola

Publié le par Messaline

Le Ventre de Paris

Le Ventre de Paris, ce sont les Halles, avec leur « souffle colossal épais encore de l'indigestion de la veille », leurs montagnes de mangeailles, de viandes saignantes, « de choses fondantes, de choses grasses », de « gredins de légumes » d'où monte « le râle de tous les potagers de la banlieue ». « L'idée générale, écrit Zola, est le ventre, la bourgeoisie digérant, ruminant, la bête broyant le foin au râtelier, la bedaine pleine et heureuse se ballonnant au soleil. » Aux « Gras » s'opposent les « Maigres » : Florent, un proscrit du 2 Décembre revenu à Paris, qui fomente uncomplot contre le régime et sera dénoncé par Lisa, sa belle-sueur, une charcutière « au grand calme repu ». Florent retourne en prison et c'est à son ami Claude Lantier, le futur héros de L'Oeuvre, que revient le mot de la fin : « Quels gredins que les honnêtes gens ! »


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Voilà que je ne sais pas par quel bout commencer.
Je venais de dire dans un forum lecture que ce que j'aime exposer dans le commentaire d'un livre que je viens de lire, ce sont les impressions, les images qu'il m'en reste. Sans feuilleter le livre à la recherche d'idées précises.

Dans ce roman, 3eme épisode de la série des Rougon-Macquart, Zola nous présente Florent. Florent est le frère de Quenu, lui-même mari de Lisa, fille d'Antoine Macquart. Nous sommes donc à la 3eme génération.
Florent a été, quelques années auparavant, envoyé au bagne pour quelqu'affaire ayant mal tourné. Il revient à Paris, y retrouver son frère, propriétaire d'une charcuterie rue Pirouette.

Florent conspirera, petit à petit, dans le roman, avec des amis à lui.

Ce n'est cependant pas tellement cette intrigue que je vais retenir de ce livre, mais plutot l'ambiance règnante, dans ce Paris de la seconde moitié du XIXeme siècle.

Zola y décrit les Halles, qui étaient alors un immense marché aux légumes, fruits, poissons, beurres ... toutes sortes de denrées alimentaires où se fournissait la population. Il n'y a pas meilleur conteur que Zola quand il s'agit de décrire. Ainsi, on a l'impression d'avoir devant les yeux les étalages de poissons argentés, de fruits de toutes couleurs, de nourritures odorantes, mais aussi la présence bruyante des poissonnières et maraîchères, l'animation des rues et des boutiques avoisinantes.
La journée passant sur l'activité principale de vente de  nourritures, nous reste en fin de journée les odeurs nauséabondes des déchets rejetés dans les canivaux, les fruits et légumes pourris et les poissons défraîchis dont les mauvaises odeurs sont décuplées par leur exposition du jour dans la chaleur des marchés couverts.

On y suit également un combat muet entre les Gras et les Maigres. Les Gras représentés par les Quenu, les Mehudin, et tous les personnages du roman que nous ne rencontrerons finalement que dans des endroits où l'on peut acheter de la nourriture (Halles, charcuterie Quenu ...). Les Maigres sont représentés par Florent et ses amis conspirateurs.

C'est ici le 3eme roman que je lis de Zola, malgré tous les conseils de ma maman pour me le faire lire depuis des années. Je m'aperçois que ces livres sont intéressants, non seulement par l'histoire racontée, mais c'est impressionnant de voir à quel point ces romans pourraient être écrit par un contemporain racontant le XIXeme siècle. Il est rare, à la lecture d'un classique, d'y trouver un genre d'écriture aussi actuel. Un bon moyen de découvrir ce siècle, et surtout Paris, que l'on ne peut plus regarder de la même façon après ces lectures.

Publié dans Romans classiques

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manson 25/05/2011 15:59



Sur le site http://www.emile-zola-les-rougon-macquart.fr/ vous retrouverez la biographie Emile Zola ainsi qu'un focus sur la saga les Rougon-macquart au travers de vingt chroniques correspondants
aux vingt livres de la saga.


 


Bon courage pour votre blog très intéressant