La carte et le territoire, Michel Houellebecq

Publié le par Messaline

La carte et le territoire,

Michel Houellebecq,

Prix Goncourt 2010

 

 

 

Pour 2011, j'ai décidé de me lancer dans un Challenge assez important : celui de lire tous les romans récompensés par le Prix Goncourt, depuis 1903.

 

Je m'accorde, pour celà, le temps nécessaire, et je ne m'oblige pas à relire ceux que j'ai déjà lus (la "Condition humaine" de Malraux, par exemple, que j'ai lu récemment, mais je relirai peut-être "La vie devant soi" de Romain Gary, que j'ai lu il y a très longtemps).

 

Ce roman fait donc partie de cette liste fort longue pour ce prix.

Depuis 2007, je lis tous les Houellebecq qui sortent, après avoir rattrapé mon retard et avoir lu les romans antérieurs, que j'ai plus ou moins aimés. J'avais été subjuguée par "Plateforme", j'avais passablement aimé "Particules élémentaires", je m'étais ennuyée profondément pour "Extension du domaine de la lutte". Dans le doute de retomber sur un roman qui me passionne autant que Plateforme, je lirai toujours le "Nouveau Houellebecq".

 

D'ailleurs, j'ai bien fait de lire celui-là.

Si un roman aurait pu terminer sa carrière, ça aurait pu être celui-là, pour plusieurs raisons.

 

D'une part, on sent qu'il en a peut-être terminé avec les sujets choquants (comme le tourisme sexuel par exemple, comme dans Plateforme). Est-ce que c'est l'âge de la maturité ? Il entre dans ce roman dans le côté "sentimental" fraternel en suivant son personnage depuis son entrée dans le monde à sa mort, en le faisant entrer dans des périodes de la vie plus ou moins difficiles.

 

Ce rapport au père est intrigant. Je ne connais pas du tout le rapport que Houellebecq entretient avec son père. Celui-ci est-il toujours vivant ? Si oui, sont-ils aussi "étrangers" l'un envers l'autre que le sont Jed, le héro, et son père ? Houellebecq a l'air d'être si solitaire qu'on pourrait aisément se prendre à croire qu'il est le héro, bien que ce dernier ne soit pas écrivain.

 

Mais c'est alors que Jed rencontre Houellebecq. Là, tous les repère qu'on peut se poser en tant que lecteur d'un roman de Houellebecq s'effondrent. Pourquoi apparait-il dans le roman ? Que cherche-t-il à se mettre en scène, surtout de cette façon ? il se décrit avec un vocabulaire très dur, comme un vieux solitaire aigri qui ne cherche plus rien de la vie ...

 

Au final, cette image qu'il offre de lui me fait plutôt penser à une caricature de ce qu'il se dit de son paraître. Est-il vraiment aussi solitaire qu'on se le représente ? Il est rarement visible à la télévision, rares sont les interviews, il est très discret. La fin du roman est très difficile à interpréter. Pourquoi faire terminer l'histoire comme ça ?

 

Du coup, j'ai terriblement hâte de lire son prochain (en espérant décidément que ce ne soit pas le dernier ...) afin de voir si cette fin caractérisera ou non la suite de ses romans.  

 

Sinon, pour ce qui est du style, rien à redire. Toujours aussi agréable à la lecture, je note la présence, comme d'habitude, des digressions qui rendent le texte très étoffé, détaillé, intéressant.

 

Jackson Pollock.

Publié dans Romans francophones

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La plume et la page 02/12/2010 22:56



Ton billet me conforte dans l'idée de le lire.